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Texte Bigler: Le Rhinsberg se dresse à une bonne vingtaine de kilomètres au nord de Zurich, juste à l'ouest de l'endroit où la Töss débouche dans le Rhin qui, ici, fait un coude vers le sud (fig. 1).
Un important rempart de type barrage non daté sépare la zone sud du plateau situé au nord. De 1998 à 2000, l'université de Zurich et le service cantonal d'archéologie ont mené des investigations archéologiques sur la surface délimitée par le rempart, dans le but de déceler d'éventuelles traces d'habitat et de les dater. Résultat majeur, on découvrit les fondations pratiquement intactes d'un rempart extérieur, longeant le bord occidental du plateau. Des bois de construction en chêne ont permis d'effectuer des datations au radiocarbone; la dendrochronologie fournit une date unique, sans aubier ni dernier cerne formé. Les deux méthodes s'accordent pour proposer une datation au Bronze final (HaB).
A l'arrière du rempart latéral et du rempart de type barrage non étudié, on a décelé la présence de structures d'habitat associées à un inventaire céramique du Bronze final. Des silex et quelques tessons de céramique romaine et médiévale attestent que la zone fut occupée à d'autres périodes.
Contribution Primas: Si plusieurs remparts remontant à des époques diverses jalonnent le cours du Rhin supérieur, seul le rempart latéral observé sur le Rhinsberg peut être daté avec certitude du Bronze final. Les rives du Rhin s'avèrent donc correspondre à une région occupée à l'âge du Bronze.
Dans la partie inférieure du Glatttal, dont le flanc
oriental forme le Rhinsberg, on rencontre essentiellement
des habitats, des sépultures et des zones d'activités
s'étalant du Bronze moyen au début du Bronze
ancien, selon l'état actuel de la recherche. Dans le
périmètre de la ville de Bülach, on relève
la présence de phases plus récentes. Les éléments
défensifs observés sur le Rhinsberg étaient
probablement visibles de la vallée: la zone était
exempte de végétation, comme l'indiquent les
chênes utilisés pour la construction du rempart,
les niveaux argileux et les charbons retrouvés sur
le plateau. Voilà qui semble récuser l'interprétation
ancienne du Rhinsberg comme site refuge.
Annuaire de la Société Suisse
de Préhistoire et d'Archéologie
88, 2005, 169–200.
Au cours de l'automne 1993, la surveillance d'un chantier de construction sur la commune éponyme d'Hauterive NE a entraîné la découverte d'une carrière de calcaire hauterivien. Les investigations menées par le Service et Musée d'archéologie du canton de Neuchâtel sur une parcelle jusqu'alors couverte de vignes ont permis la mise au jour de traces de travail, ultimes témoins de l'extraction de la roche. L'étude du matériel archéologique s'est, bien entendu, révélée capitale pour la datation de l'exploitation. En effet, les traces laissées par les outils des carriers ne constituant pas un critère de datation déterminant, seul l'examen des différents remblais et de leur contenu demeure susceptible de fournir des indices chronologiques.
Ainsi, le banc de calcaire hauterivien mis au jour a manifestement
connu deux périodes d'extraction distinctes. La première,
attribuée à l'époque romaine, s'est déroulée
dans la partie inférieure du site; la roche y est scellée
par un remblai à forte composante organique qui englobe
exclusivement du mobilier gallo-romain remontant au 2e s.
de notre ère. La seconde, nettement plus récente,
couvre le haut de la surface fouillée; la carrière
abandonnée y est essentiellement comblée par
des éclats de roche, parmi lesquels quelques éléments
de mobilier d'époque moderne ont été
découverts. Enfin, quelques murets, vraisemblablement
postérieurs au 16e s., ont pu être mis en évidence.
Leur situation géographique et stratigraphique semble
indiquer qu'ils marquaient la limite méridionale de
la seconde période d'exploitation de la carrière.
Annuaire de la Société
Suisse de Préhistoire et d'Archéologie
88, 2005, 201–215.
En 1998 et en 2002, le service archéologique du canton d’Argovie est intervenu à Gipf-Oberfrick sur deux parcelles mitoyennes. A l’Allmentweg (quatre mois de fouille, 1700 m2), et au Kornbergweg (1 mois de fouille, 500 m2), on a pu dégager les restes d’habitats appartenant à plusieurs époques.
Seules les structures enterrées sont parvenues jusqu’à nous; la majeure partie d’entre elles remontent au Haut Moyen Âge (fin du 6e au début du 8e s.), avec deux fonds de cabane et quelques plans au sol de bâtiments particulièrement bien conservés. On évoquera une grande maison sur poteaux, à quatre nefs, mesurant près de 13,5?24 m. La céramique récoltée permet pour la première fois d’établir une occupation du Fricktal à l’époque mérovingienne. On décèle une relation avec la campagne bâloise voisine (et la vallée du Rhin supérieur), ainsi qu’avec le Plateau et peut-être même avec l’Alamannia de la rive droite du Rhin, comme semble l’indiquer la forme de certains bâtiments.
Des trouvailles isolées très fragmentées
évoquent la présence d’un habitat romain
tout proche. Trois fosses et une construction sur pieux datent
de l’époque préhistorique: la première
fosse, une structure de combustion de plan rectangulaire,
date du Bronze final; la seconde recelait de la céramique
correspondant au plan chronologique à la charnière
entre le Hallstatt et l’époque de La Tène,
ainsi que des restes de millet. Ni la troisième fosse,
ni le bâtiment sur poteaux n’ont pu être
datés. Par ailleurs, les fouilles ont permis la découverte
e quatre tessons de céramique Campaniforme.
Annuaire de la Société
Suisse de Préhistoire et d'Archéologie
88, 2005, 217–254.
Dans les graviers charriés par la Thur, on a retrouvé un abondant mobilier métallique qui fait de cette rivière un excellent témoin de l’occupation humaine. En 1997 et 1998, des chercheurs d’or ont récolté, à deux emplacements distincts, près de 300 kg de matériel. Même si, souvent, c’est le hasard qui a réuni les objets présentés dans cet article, ils illustrent fort bien la vie quotidienne et l’histoire de l’occupation humaine.
L’étude porte sur 1796 objets inventoriés, qui se caractérisent par une impressionnante variété; les datations vont des débuts de l’utilisation du métal à nos jours.
Des épingles du Bronze moyen attestent une présence humaine dans la vallée saint-galloise de la Thur à l’époque préhistorique déjà. Une épée de type Rixheim peut être interprétée comme une offrande sacrée déposée au Bronze final. Des monnaies permettent de supposer, en amont, la présence d’un village à la fin de l’époque celtique. On soulignera l’abondance du mobilier romain; outre des monnaies, on a retrouvé de nombreux fragments de fibules.
Toutefois, on n’a pas encore décelé de
traces d’habitat romaines dans les environs. Pour l’époque
allant du Haut au Bas Moyen Âge, le mobilier confirme
les données touchant l’occupation du territoire
connues grâces aux sources historiques. Par ailleurs,
on a retrouvé de nombreux objets d’époque
moderne.
Annuaire de la Société
Suisse de Préhistoire et d'Archéologie
88, 2005, 255–281.
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